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Généralités

Arts, littérature et architecture

L'art péruvien plonge ses racines bien avant la colonisation espagnole, s'exprimant à travers une maîtrise exceptionnelle de la poterie, de la métallurgie, de la taille de la pierre et du tissage. À leur arrivée, les Espagnols ont introduit une planification urbaine en damier, érigeant des demeures, des églises et des monastères d'inspiration néo-baroque et de la Renaissance.

Rapidement, ces styles européens se sont imprégnés des influences indigènes pour donner naissance à l'architecture "métisse" (arquitectura mestiza), dont les façades sculptées d'Arequipa et de Puno sont de magnifiques exemples. La peinture a suivi le même chemin : l'illustre école de Cuzco (Escuela Cusqueña) a vu des artistes locaux s'approprier les toiles religieuses européennes pour y glisser un syncrétisme fascinant, remplaçant les symboles bibliques par la flore, la faune et les coutumes andines. Ces œuvres aux couleurs vibrantes ont d'ailleurs grandement marqué des artistes comme Paul Gauguin, qui passa son enfance à Lima.

La littérature péruvienne, quant à elle, est d'une richesse foisonnante. Elle s'étend de la poésie avant-gardiste et poignante de César Vallejo au mouvement indigéniste de José María Arguedas, jusqu'aux fresques sociales et politiques magistrales de Mario Vargas Llosa, lauréat du Prix Nobel de littérature. Aujourd'hui, l'art urbain et le muralisme (notamment dans le quartier de Barranco à Lima) témoignent d'une scène artistique contemporaine en pleine effervescence.

Une mosaïque linguistique

Le Pérou est un pays d'une incroyable diversité linguistique. Bien que l'espagnol soit la langue véhiculaire et majoritairement parlée sur tout le territoire, le pays reconnaît près de 50 langues originaires (et non de simples dialectes).

Dans Les Andes, le quechua (la langue de l'Empire inca, également officielle) et l'aymara (principalement autour du Lac Titicaca) demeurent très vivants. Le bassin amazonien abrite à lui seul des dizaines d'autres langues millénaires, telles que l'asháninka ou le shipibo-konibo. Dans les zones touristiques et les hôtels, l'anglais est largement compris et utilisé, mais quelques mots d'espagnol ou de quechua ouvriront toujours plus facilement les cœurs. (Consultez notre lexique espagnol/quechua pour vous préparer).

Musiques et danses : l'âme du Pérou

Peu de pays offrent une telle variété musicale, reflet direct de leur géographie et de leur métissage. La musique andine, héritage précolombien, résonne au son de la quena (flûte droite), du siku (flûte de pan) et du bombo (tambour). S'y ajoute le charango, une petite guitare andine traditionnellement fabriquée avec une carapace de tatou, mais aujourd'hui sculptée dans le bois pour préserver l'espèce.

La côte a vu naître la vibrante culture afro-péruvienne, rythmée par le cajón (caisse de percussion en bois), qui accompagne des danses sensuelles et joyeuses comme le festejo ou le landó. Le métissage hispano-indigène s'exprime dans des genres comme le huayno, la marinera (la danse nationale par excellence, élégante et galante), ou encore les valses créoles.

Plus récemment, la chicha (ou cumbia péruvienne) est devenue la bande-son incontournable des villes. Née dans les années 70, elle mélange les rythmes tropicaux, les mélodies andines et les guitares électriques psychédéliques, reflétant l'identité des migrants andins venus s'installer dans la capitale.

Fêtes, mythes et syncrétisme

Le calendrier péruvien est rythmé par des milliers de célébrations, où la liturgie catholique romaine fusionne intimement avec les rituels agricoles et païens des hauts plateaux. Parmi les moments forts de l'année :

L'artisanat et l'héritage textile

Il est impossible de parler de la culture péruvienne sans évoquer son art textile, considéré comme l'un des plus sophistiqués au monde. Depuis les linceuls millénaires de la culture paracas jusqu'aux ponchos actuels, le tissage est un langage à part entière. Dans Les Andes (comme sur l'île de Taquile ou à Chinchero), les techniques de filage de la laine d'alpaga et de vigogne se transmettent de génération en génération. Les teintures sont encore souvent obtenues grâce à des éléments naturels, comme la cochenille qui offre un carmin éclatant, ou le maïs violet.

L'artisanat se décline également à travers les retablos d'Ayacucho (des boîtes en bois colorées contenant de minuscules scènes modelées en pâte), la céramique de Chulucanas ou encore les calebasses sculptées (mates burilados). Chaque région du Pérou raconte son histoire à travers les mains de ses artisans.